• HUMOUR

     

    Ah ! Fallait-il que je vous visse

    Fallait-il que vous me me plussiez

    Qu’ingénument je vous le disse ,qu’avec orgueil vous vous tussiez

    Fallait-il que je vous aimasse ,que vous me désesperassiez

    Qu’en vain je m’opiniâtrasse ,et je vous idôlatrasse

    Pour que vous m’assassinassiez


    Alphonse Allais


     


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  • POEMES D'AUTEURS : L'homme et la mer


    Homme libre, toujours tu chérira la mer

    La mer est ton miroir, tu contemples ton âme

    Dans le déroulement infini de sa lame,

    Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

    Tu te plais à plonger au sein de ton image

    Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur

    Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

    Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

    Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets,

    Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,

    Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

    Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

    Et cependant voilà des siècles innombrables

    Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

    Tellement vous aimez le carnage et la mort,

    Ô lutteurs éternels, ô frères implacables.

    -Charles Baudelaire


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  • « Il s’appelait Brahim, et il avait bâti sa maison à la lisière du Grand Erg Oriental, entre El Oued et Touggourt.
    Usé par le travail, dans cette rude région du Sahara, il avait élevé une famille de sept enfants, maintenant bien lancés dans la vie.
    Il est décédé voici près de trois ans.
    Son épouse, compagne attentive et fidèle, ne lui a pas survécu : elle l’a suivi sur le même chemin un mois jour pour jour après son départ.
    Si je parle de Brahim c’est parce que cet ami m’a dévoilé les secrets de la marche au désert, et ceci par tous les temps.
    Avant de se sédentariser, il était nomade et sillonnait les grands espaces. Il m’a ouvert son grand savoir par une belle nuit d’été.
    Couché sur le dos, face à la Voie Lactée, Brahim me décrivait le ciel.
    Avec passion, il me dévoilait les étoiles et les constellations, tout particulièrement celles qui sont indispensables au voyageur de la nuit.
    " Celui qui ne connaît pas les étoiles ne marche pas dans la nuit " me dit-il.
    Les identifiant les unes après les autres, il me disait leur nom : celles qui sont immobiles, celles qui bougent, les fiables et les trompeuses.
    Quel festival céleste !
    La nuit avançait et je n’avais plus envie de dormir.
    Brahim s’est alors mis à me raconter comment il avait appris à marcher dans le vent de sable et dans la nuit obscure.
    La nature du sable palpé au creux de la main, les plantes spéciales à telle région du désert, la température du vent, lui faisaient reconnaître sa route.
    Sinon, il laissait aller les chameaux et se fiait à leur flair.
    Et si tout cela venait à manquer… eh bien, me dit-il, " on s’arrêtait, et l’on prenait patience ! "

    Le récit nocturne de Brahim me semble une sage invitation à plus de sérénité.
    Aurions-nous perdu le chemin ?
    Revenons au ras du sol !
    Palpons cette terre humaine qui nous est devenue si familière et si chère.
    Elle est jalonnée de signes dont la nature nous dit une amitié et une fidélité aussi vivaces que les plantes du désert.
    Notre ciel non plus n’est pas sans vivantes étoiles.
    Si certaines sont trompeuses, d’autres nous indiquent fidèlement le chemin.
    Et si nous pensons que tout appui humain nous manque, alors, arrêtons-nous, et prenons patience.
    Surtout ne quittons pas le terrain fiable de notre quotidien et de nos motivations les plus profondes. »
    (Claude Rault, Evêque du Sahara. 9/5/0


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    Vivre, mourir idiot

    Dans une chaumière
    Bâtie sur les chimères
    L’Ignorance, amante de Cécité,
    S’accaparait l’étoffe du Savoir
    Le Paraitre, caprice puéril,
    Snobait l’Etre en disgrâce
    Le Désir , obsession sempiternelle,
    Aux appétits frénétiques
    Bourdonnait, tourbillonnait
    En conquérant insatiable.
    Le Moi en émoi
    Sous la sainte Vanité
    Et parfois la magnanime Mégalomanie
    Rendait un culte païen
    A une gloire couvée
    Sous des dehors modestes.
    Le spectre du Déplaisir,
    Hôte répugnant,
    Seul, venait troubler
    La léthargie douceâtre
    Le contentement béat.
    Subsistait l’égarement :
    Croire Voir quand c’est regarder
    Evoluer quand c’est régresser
    Exister quand c’est vivre.
    Avec le trépas,
    S’évapore vite la légende
    D’un figurant mythique
    Tombé héroïquement
    sur le champ des chimères
    Ces rejetons de l’imagination,
    Pour le cœur enchanté une ivresse,
    Un tourment pour l’esprit désabusé.

     


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    Il y a deux sortes de savants : les spécialistes, qui connaissent tout sur rien, et les philosophes, qui ne connaissent rien sur tout.

     

    Quand on fait quelque chose, on a contre soi, ceux qui voulaient le faire à votre place, ceux qui voulaient faire le contraire et ceux qui voulaient qu'on ne fasse rien du tout

     

    Certains lisent parce qu'ils sont trop paresseux pour réfléchir. Le chemin de l'ignorance est pavé de bonnes éditions

     

    Donnez aux femmes le droit de vote et dans cinq ans, vous aurez un impôt sur les célibataires.

     

    Courir après les femmes n'a jamais fait de mal à personne. C'est les rattraper qui est dangereux.

     

    On compare souvent le mariage à une loterie. C'est une erreur car, à la loterie, on peut parfois gagner


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    ..." Elle se demandait comment et pourquoi ces peuples d'une minuscule et même planète, ces humains d'une dérisoire longévité, irrémédiablement voués à la même mort, pouvaient répéter, multiplier, ces jeux macabres et s'en glorifier ? De l'Occident à l'Orient, plus loin encore, partout de déchaînent fureurs, intolérances, haines, à l'image des certains drames familiaux qui ne trouvent jamais d'épilogue.

    L'homme était insaisissable, l'existence, une énigme. Parfois, un geste, un paysage, une rencontre, une parole, une musique, une lecture ; surtout l'amour, rachetaient ces ombres. Il fallait savoir, s'en souvenir, parier sur ces clartés-là, les attiser sans relâche."

     

    Extrait du livre " Le message" d'Andrée Chedid


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  • APHORISMES


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    APHORISMES

     

    La quête chimérique

    Les pieds ancrés dans le Sud
    Il scrute le Nord
    Aux éclats flavescents
    Le mirage est sa boussole
    Il avance dans le tourbillon
    Animé par l’étincelle de survie
    Fuyant la mort la misère l’oppression

    Cœur desséché
    Ame en exil
    Rêves en cendres
    Il est le vagabond mortifié
    En quête de l’ univers magnifié
    Est-il un paradis
    Dans le meilleur des mondes

    Trêve d’utopies
    Souffle le vent
    Partout l’humain est asservi
    Le malheur l’horreur
    Endeuillent la Terre
    l’injustice la cruauté
    saignent les coeurs

    Mais le voyageur en transe
    Est atteint de surdité
    Guidé par l’instinct
    Fouetté par le passé
    Accablé par le présent
    Obsédé par le futur
    Il se traîne vers son eldorado

     


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    L'homme est né libre, de ses penchants il se construit une prison, sans s'en rendre compte, il en devient prisonnier.

    Khalil Gibrane


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