-

Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me me plussiez
Qu’ingénument je vous le disse ,qu’avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse ,que vous me désesperassiez
Qu’en vain je m’opiniâtrasse ,et je vous idôlatrasse
Pour que vous m’assassinassiez
Alphonse Allais
aucun commentaire
-
Par nomade* dans POEMES D'AUTEURS le 26 Juillet 2011 à 23:58

Homme libre, toujours tu chérira la mer
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets,
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables.
-Charles Baudelaire
2 commentaires
-
Par nomade* dans BEAUX TEXTES le 5 Juin 2011 à 15:15
« Il s’appelait Brahim, et il avait bâti sa maison à la lisière du Grand Erg Oriental, entre El Oued et Touggourt.
Usé par le travail, dans cette rude région du Sahara, il avait élevé une famille de sept enfants, maintenant bien lancés dans la vie.
Il est décédé voici près de trois ans.
Son épouse, compagne attentive et fidèle, ne lui a pas survécu : elle l’a suivi sur le même chemin un mois jour pour jour après son départ.
Si je parle de Brahim c’est parce que cet ami m’a dévoilé les secrets de la marche au désert, et ceci par tous les temps.
Avant de se sédentariser, il était nomade et sillonnait les grands espaces. Il m’a ouvert son grand savoir par une belle nuit d’été.
Couché sur le dos, face à la Voie Lactée, Brahim me décrivait le ciel.
Avec passion, il me dévoilait les étoiles et les constellations, tout particulièrement celles qui sont indispensables au voyageur de la nuit.
" Celui qui ne connaît pas les étoiles ne marche pas dans la nuit " me dit-il.
Les identifiant les unes après les autres, il me disait leur nom : celles qui sont immobiles, celles qui bougent, les fiables et les trompeuses.
Quel festival céleste !
La nuit avançait et je n’avais plus envie de dormir.
Brahim s’est alors mis à me raconter comment il avait appris à marcher dans le vent de sable et dans la nuit obscure.
La nature du sable palpé au creux de la main, les plantes spéciales à telle région du désert, la température du vent, lui faisaient reconnaître sa route.
Sinon, il laissait aller les chameaux et se fiait à leur flair.
Et si tout cela venait à manquer… eh bien, me dit-il, " on s’arrêtait, et l’on prenait patience ! "
Le récit nocturne de Brahim me semble une sage invitation à plus de sérénité.
Aurions-nous perdu le chemin ?
Revenons au ras du sol !
Palpons cette terre humaine qui nous est devenue si familière et si chère.
Elle est jalonnée de signes dont la nature nous dit une amitié et une fidélité aussi vivaces que les plantes du désert.
Notre ciel non plus n’est pas sans vivantes étoiles.
Si certaines sont trompeuses, d’autres nous indiquent fidèlement le chemin.
Et si nous pensons que tout appui humain nous manque, alors, arrêtons-nous, et prenons patience.
Surtout ne quittons pas le terrain fiable de notre quotidien et de nos motivations les plus profondes. »
(Claude Rault, Evêque du Sahara. 9/5/0
aucun commentaire
-
Par nomade* dans MES FABLES le 31 Mai 2011 à 13:00

Vivre, mourir idiot
Dans une chaumière
Bâtie sur les chimères
L’Ignorance, amante de Cécité,
S’accaparait l’étoffe du Savoir
Le Paraitre, caprice puéril,
Snobait l’Etre en disgrâce
Le Désir , obsession sempiternelle,
Aux appétits frénétiques
Bourdonnait, tourbillonnait
En conquérant insatiable.
Le Moi en émoi
Sous la sainte Vanité
Et parfois la magnanime Mégalomanie
Rendait un culte païen
A une gloire couvée
Sous des dehors modestes.
Le spectre du Déplaisir,
Hôte répugnant,
Seul, venait troubler
La léthargie douceâtre
Le contentement béat.
Subsistait l’égarement :
Croire Voir quand c’est regarder
Evoluer quand c’est régresser
Exister quand c’est vivre.
Avec le trépas,
S’évapore vite la légende
D’un figurant mythique
Tombé héroïquement
sur le champ des chimères
Ces rejetons de l’imagination,
Pour le cœur enchanté une ivresse,
Un tourment pour l’esprit désabusé.
aucun commentaire
-

Il y a deux sortes de savants : les spécialistes, qui connaissent tout sur rien, et les philosophes, qui ne connaissent rien sur tout.
Quand on fait quelque chose, on a contre soi, ceux qui voulaient le faire à votre place, ceux qui voulaient faire le contraire et ceux qui voulaient qu'on ne fasse rien du tout
Certains lisent parce qu'ils sont trop paresseux pour réfléchir. Le chemin de l'ignorance est pavé de bonnes éditions
Donnez aux femmes le droit de vote et dans cinq ans, vous aurez un impôt sur les célibataires.
Courir après les femmes n'a jamais fait de mal à personne. C'est les rattraper qui est dangereux.
On compare souvent le mariage à une loterie. C'est une erreur car, à la loterie, on peut parfois gagner
aucun commentaire
-
Par nomade* dans EXTRAITS D'OEUVRES le 31 Mai 2011 à 12:17
..." Elle se demandait comment et pourquoi ces peuples d'une minuscule et même planète, ces humains d'une dérisoire longévité, irrémédiablement voués à la même mort, pouvaient répéter, multiplier, ces jeux macabres et s'en glorifier ? De l'Occident à l'Orient, plus loin encore, partout de déchaînent fureurs, intolérances, haines, à l'image des certains drames familiaux qui ne trouvent jamais d'épilogue.
L'homme était insaisissable, l'existence, une énigme. Parfois, un geste, un paysage, une rencontre, une parole, une musique, une lecture ; surtout l'amour, rachetaient ces ombres. Il fallait savoir, s'en souvenir, parier sur ces clartés-là, les attiser sans relâche."
Extrait du livre " Le message" d'Andrée Chedid
aucun commentaire
-
-
Par nomade* dans MES POEMES A THEMES le 31 Mai 2011 à 12:05

La quête chimérique
Les pieds ancrés dans le Sud
Il scrute le Nord
Aux éclats flavescents
Le mirage est sa boussole
Il avance dans le tourbillon
Animé par l’étincelle de survie
Fuyant la mort la misère l’oppression
Cœur desséché
Ame en exil
Rêves en cendres
Il est le vagabond mortifié
En quête de l’ univers magnifié
Est-il un paradis
Dans le meilleur des mondes
Trêve d’utopies
Souffle le vent
Partout l’humain est asservi
Le malheur l’horreur
Endeuillent la Terre
l’injustice la cruauté
saignent les coeurs
Mais le voyageur en transe
Est atteint de surdité
Guidé par l’instinct
Fouetté par le passé
Accablé par le présent
Obsédé par le futur
Il se traîne vers son eldorado
2 commentaires







